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ASTOIN Marie

Le charme ayant opéré, un seul conseil pour aborder d’une manière plus complète l’œuvre de Marie ASTOIN : oubliez la première ligne de sa biographie! Vous l’avez sans doute compris, Marie est une jeune artiste!
Vivacité et justesse de la couleur, modernisme de la mise en page, nervosité et vibrations, tout dans cette peinture respire la jeunesse à plein poumons. Et cela sans aucune compromission. Marie n’est pas de ces Dr Faust qui ont vendu leur âme à un quelconque Méphisto en échange d’un élixir de jouvence. La jeunesse chez Marie ASTOIN, est innée et elle la projètera sur ses toiles jusqu’à la dernière.
Née en 1923, elle reçoit ses premières leçons de sa mère qui avait été elle même l’élève de François NARDI. Classicisme de bon aloi, donc, qui laisse la jeune fille insatisfaite. A Nice elle fréquente ensuite l’atelier de Serge MAKO un peintre russe chez qui elle entrevoit enfin avec satisfaction un certain modernisme. Mais c’est chez Paul COLIN, après la dernière guerre, que Marie ASTOIN aura la « révélation ». Collaboratrice pendant trois ans de l’auteur de la célèbre affiche de « La Revue Nègre » de 1925, elle acquiert chez celui-ci tous les principes de rigueur qui la caractérisent, aussi bien dans le dessin que la couleur.

L’examen d’une oeuvre de Marie ASTOIN le montre bien : si l’on est immédiatement conquis par son talent de coloriste: teintes vives qui ne sont jamais criardes ni agressives, on perçoit presqu’en même temps mais de façon plus ou moins consciente la sûreté de la structure. Le dessin est bien là, sous jacent mais bien présent. Les plans s’enchaînent avec régularité et donnent à la toile sa profondeur et son unité. Tout cela représente le fruit de l’expérience acquise chez le Maître de l’affiche.

Dés lors Marie ASTOIN ne cessera plus de peindre, même si elle n’en fit son unique occupation qu’au tournant des années 80. Elle s’est imposée depuis grâce à son talent mêlé d’un bonne dose de ténacité comme l’un des chefs de file incontesté de L’Ecole provençale actuelle.

« Le bonheur de la peinture vécue » (*) : c’est le titre qu’André ALAUZEN, le célèbre autant que regretté spécialiste des peintres provençaux, avait donné à l’ouvrage qu’il consacra en 1995 à Marie ASTOIN. Vie et bonheur à travers l’acte pictural, c’est là semble-t’il un excellent et saisissant résumé du cheminement de cette artiste.

Guy AVRAMO

(*) : « ASTOIN, le bonheur de la peinture vécue » par André ALAUZEN. Editions « Galerie Michel ESTADES » 1995