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EISENSCHITZ Willy

Willy Eisenschitz (1889-1974), peintre autrichien formé à l’Académie de Vienne, a choisi de vivre et de travailler à Paris à partir de 1912. Après la première guerre, la lumière du Midi, qu’il découvre au cours de voyages dans le sud de la France et en Italie, bouleverse sa vision et lui fait adopter une manière de peindre très personnelle. A la suite de Cézanne, qu’il admire depuis ses débuts, il insiste sur la permanence des formes géométriques dans la nature et utilise avec subtilité une gamme de coloris très restreinte. Considéré rapidement comme un peintre doué, surtout dans ses représentations de paysages, il participe à Paris aux grands Salons et expose dans de nombreuses Galeries parmi les plus réputées dont Berthe Weill et Joseph Billiet. Encensé par la critique, il est acheté à plusieurs reprises par l’Etat et des collectionneurs étrangers. Entre l’objectivité du Cubisme et l’éphémère de l’Impressionnisme, cette œuvre , toute en mesure et en harmonie, reste très éloignée de l’Expressionnisme souvent violent des peintres originaires de l’Europe centrale. A partir de 1927, Willy Eisenschitz s’installe dans le domaine des Minimes à La Valette du Var. Il participe alors activement à la vie de la communauté artistique qui anime Toulon et Sanary entre les deux guerres. A cette époque il se révèle un aquarelliste de grand talent qu’admirent entre autres, Aldous Huxley et Jean Giono. Naturalisé français en 1935, il trouve refuge dans la Drôme à Dieulefit durant l’occupation.
Moins présent sur la scène parisienne après la guerre, il expose néanmoins très régulièrement dans les Salons et les Galeries du Midi en compagnie de son épouse, également peintre, Claire Bertrand. Tout en restant harmonieusement composée, sa peinture devient alors plus libérée et colorée.
Artiste réfléchi, mesuré, mais aussi visionnaire et mystique, Willy Eisenschitz explore à sa manière le visible en l’interrogeant inlassablement. En dépit de la répétition des thèmes, cette dimension intime fait que chaque huile, aquarelle ou pastel, est une émotion ressentie par l’artiste que le spectateur est invité à partager. L’âpreté des paysages d’Espagne, l’austérité de la Drôme provençale, la mélancolie des canaux parisiens, les vues riantes de la Provence et des Baléares, les fleurs éclatantes de couleurs, les nus sensuels, sont avant tout le reflet d’une profonde sensibilité, que ni les joies, ni les peines n’ont entamé et d’une passion éperdue pour son art qui résonnait d’accents musicaux. Ainsi s’explique l’attachement si vif des amateurs de peinture aux œuvres de Willy Eisenschitz : au delà d’un naturalisme agréable, ils se sentent liés à l’artiste par le mystère d’une secrète communion.
Jean Perreau . ( Historien d’Art – Critique d’Art – Expert )