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JANSEM Jean

Peintre, dessinateur, graveur, lithographe.
1920 Jean Jansem est né en 1920 à Seuleuze, en Asie Mineure.
1923-1930 Il passe son enfance à Salonique, en Grèce
1930 Il arrive en France à l’âge de 11 ans. A 14 ans, il suit des cours du soir à Montparnasse.
1936 – 1940 Il entre à l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs de Paris. Il en sort diplômé en 1938. Parallèlement à ses études, il fréquente plusieurs ateliers, dont celui de la Grande Chaumière , où il rencontre des artistes avec lesquels il se lie d’amitié. Tout en exerçant divers métiers, dessinateur de tissu, créateur de dessins animés, il travaille à sa peinture et présente sa première toile au Salon des Indépendants en 1939.
En 1957, sa carrière devient internationale. Il expose en Italie, en Suisse, en Angleterre et surtout aux Etats-Unis.
En 1969, Mitsukoshi présente une rétrospective de ses oeuvres à Tokyo et depuis son travail est régulièrement présenté au Japon. Deux musées lui sont consacrés à Tokyo.
2002 Voyage en Arménie, inauguration officielle de son exposition « Massacres » au Musée du Génocide, Erévan.

Lydia Harambourg, avril 2007
Peintre et dessinateur, Jansem l’est depuis plus de soixante ans. Ses deux activités cohabitent dans un art qu’il met au service d’un humanisme intemporel et permanent. La ferveur qui le fait dessiner depuis l’adolescence n’a pas faibli. Très vite, Jansem s’est démarqué de ses contemporains par le particularisme d’une thématique qui juxtapose ses modèles observés dans la vie quotidienne, à un imaginaire qui doit autant à une composition qu’il maîtrise grâce à l’équilibre atteint entre les actions et les sentiments, qu’à la lumière qui incarne la forme et transcende la couleur.
La comédie humaine de Jansem prend corps du trait fulgurant qui rejette l’imitation servile, et des harmonies chromatiques et vibrantes d’une palette au service de la justesse expressive. Ses cortèges s’ébranlent sur la scène d’un théâtre pictural. Dans l’atelier d’Issy-les-Moulineaux se construit une œuvre puissante et âpre. S’y succèdent modèles, danseuses et nus, pour une émergence simultanée du monde et de la peinture. Enfants intrépides et vieilles gens, mendiants, bouffons, paysans et rois de carnaval écrivent des récits humains et incantatoires. Ces acteurs issus du fond des âges, mélancoliques ou violents, au regard fixe ou perdu, dans leur simplicité famélique ou leur exubérance, éclatante d’espoir, se confondent dans une vérité ouverte sur une dérive apportée par les jeux de l’invention. Surgis de la Bible, de la mythologie, ses personnages ont été collectés lors de ses séjours répétés en Grèce, dans les Abruzzes (les Processions), en Andalousie (la Tauromachie), à Bâle (Carnaval) dans la rue, les ports et les marchés, les églises, les jours de fête.
Réaliste et visionnaire, Jansem est à la recherche de la sincérité absolue de soi. Tout commence avec un immense amour de la vie et des êtres, une gourmandise qui le rend disponible à tout spectacle de la vie. La cosmogonie de Jansem a le visage d’une grave conscience. Surgissant avec une rare force d’apparition, elle naît d’une gymnastique graphique et sensitive, d’une domestication du visible à partir d’une vérité formelle en écho à sa vision personnelle.
Jansem dessine avec la couleur. Incisive jusqu’à l’épure, la ligne est l’élément signifiant et le médium sensible, par lesquels sa peinture atteint à la vérité. L’huile, travaillée dans la transparence, tend à abolir l’idée de matière pour une spiritualité qui témoigne de la méditation de Jansem à partir de ce qu’il voit et qui lui donne envie de peindre. Un paysage, ou plus volontiers des objets, amoureusement trouvés dans des brocantes ou arrachés à l’oubli d’un grenier, pour des natures silencieuses composées poétiquement.
La ligne, vécue comme une onde, se plie, s’ourle, se casse. Toujours plus libre, elle conquiert la surface plane. Animée d’un lyrisme mouvant, elle est l’élément signifiant et l’expression sensible, par lesquels le dessin atteint à la vérité. La couleur, qui donne espace et lumière, intervient comme la chair incarnée par le biais de la matière picturale.
Le monde de Jansem est habité d’une vérité qui s’incarne pleinement à travers son langage plastique, élevé à la hauteur d’un style. Entre l’observation et l’invention, la peinture dicte sa loi et Jansem en est le plus éloquent magicien.