Olivier LAVOREL
Le mot de Michel Estades :
L’œuvre d’Olivier Lavorel se reconnaît à la force de son regard et à la précision de sa composition. Qu’il s’attache aux architectures, aux paysages urbains, aux scènes industrielles ou aux lieux marqués par la présence de l’homme, il révèle une harmonie singulière dans ce qui pourrait sembler dense, complexe ou fonctionnel. Ses tableaux, construits avec rigueur, offrent une lecture presque sensible de l’espace : les formes s’imbriquent, les couleurs dialoguent, les matières prennent vie. Chez Olivier Lavorel, le réel devient composition, équilibre et émotion. Son œuvre nous invite à regarder autrement les paysages que l’homme façonne, habite ou traverse.

Biographie
Olivier Lavorel a d’abord envisagé la photographie comme voie professionnelle, avant de s’orienter vers le dessin qu’il étudie à l’École des Beaux-Arts de Rennes. Sa rencontre avec le peintre de la Marine Éric Bari marque une étape importante dans son parcours, en l’initiant à une approche exigeante fondée sur la rigueur et le sens de l’observation.
Animé par le désir de devenir peintre du désert, il entreprend un voyage dans le sud marocain. Cette expérience lui révèle toutefois les limites de cette ambition : la représentation du « presque rien » ne correspond pas à sa sensibilité. En revanche, la découverte de la médina de Fès agit comme un déclic. Il y développe une fascination durable pour ce qu’il nomme les « accumulations urbaines ».
Dès lors, Olivier Lavorel multiplie les voyages à travers les grandes métropoles du monde. Travaillant souvent en solitaire, il emporte toujours avec lui appareil photo, aquarelles et feutres. Plus que les monuments eux-mêmes, ce sont les rythmes visuels, les jeux de formes et les harmonies colorées propres à chaque ville qui nourrissent son travail.
Sa peinture, à la fois structurée et spontanée, donne à voir ces « désordres organisés » caractéristiques des paysages urbains façonnés par le temps. Il s’attache autant aux éléments décoratifs qu’aux détails fonctionnels - volets, gouttières, cheminées ou réservoirs d’eau - qu’il considère comme autant de signatures identitaires.
Ses compositions se distinguent par des cadrages serrés, le plus souvent dépourvus de ciel, où s’entrelacent façades, toitures, pignons et terrasses. L’ensemble forme des architectures denses, proches du puzzle ou du labyrinthe, servies par une palette volontairement sobre. De rares touches de couleur, comme du linge étendu, viennent suggérer la présence humaine, absente physiquement mais perceptible dans chaque recoin de ses œuvres.